Abstract simplicity & Complex crafts

Dans un monde où les technologies numériques semblent définir la voie à suivre et où l’artisanat est considéré comme un héritage du passé, la divergence entre le numérique et l’analogique peut sembler irréconciliable. Pourtant, ils présentent des analogies qui les relient à leurs racines.

L’artisanat, les mathématiques et l’algorithmique partagent l’objectif de créer des résultats élaborés à partir d’un petit ensemble d’instructions, de règles ou d’éléments. En effet, en partant de règles et de patterns très simples il est possible d’aboutir à des résultats magnifiquement surprenants et parfois très complexes.

Les concepts mathématiques nous permettent de traduire et coder nos idées créatives de façon à ce qu’elles deviennent compréhensibles et exploitables par un ordinateur.

À partir d’une opération basique répétée grâce à un algorithme, une simple forme peut évoluer en des dessins complexes. Un petit changement à une étape donnée peut engendrer de grandes variations à une étape ultérieure.

La fabrication de textiles repose sur la répétition de motifs de tissage (patterns), qui peuvent être exprimés à l’aide d’un langage informatique élémentaire : le système de numération binaire, dans lequel tout est exprimé avec des 0 et des 1.

Les plis de base de l’origami, décrits par un petit nombre d’axiomes, peuvent être combinés de diverses manières pour créer des designs très élaborés.

Et à partir de sinusoïdes – une courbe de base en mathématiques – les producteurs peuvent créer de nouveaux sons pour composer n’importe quelle musique. 

Les concepts mathématiques créés par le cerveau humain existent en dehors de leur contexte abstrait. Depuis le début de la civilisation, ils sont adoptés par les esprits créatifs et les artisans qui les appliquent dans leurs pratiques.