30. Piano Phase – Anne Teresa De Keersmaeker

19.
Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas (BE)

Piano Phase

Textes par Raoul Sommeillier

La chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker affirme expressément son intérêt pour les mathématiques et souligne dans ses écrits et ses interviews l’importance du rôle qu’elle leur confère dans son processus de création.

Pour elle, la musique n’est pas un simple accompagnement. Et la danse n’est pas une simple illustration de la musique. Danse et musique sont liées et, comme le font les mathématiciens en quête de patterns, de séquences et de structures mathématiques à identifier,  Anne Teresa De Keersmaeker s’attache à la structure de la musique. En travaillant à dégager la structure de la partition, se dessine la structure de la danse.

L’une des nombreuses caractéristiques du travail d’Anne Teresa de Keersmaeker est réside dans son organisation dans l’espace, dansé selon des formes géométriques. Se combinent dans ses chorégraphie un formalisme rigoureux par l’inscription des mouvements dans des formes géométriques strictes et un fluidité marquée par le mouvement, durant lequel ces formes sont susceptibles d’évoluer et de se transformer en d’autres figures. Elle-même affirme par exemple « nourrir une fascination pour les spirales » notamment, un des patterns naturels les plus courant et une forme géométrique aux propriétés fascinantes en effet.

L’artiste a également recours à d’autres « outils » mathématiques. Le nombre d’or et la suite de Fibonacci font partie de ces outils qu’elle mobilise pour organiser l’espace en sections définies et équilibrées.

Dans Piano Phase, c’est la structure du dispositif chorégraphique lui-même qui fait appel à des concepts mathématiques tels que la répétition et la multiplication de motifs ou de phrases de danses ou de motifs musicaux. On parle donc bien ici de patterns, d’itération et de séquences.

C’est itération ne se déroule pas de façon tout à fait période, d’infimes variations entre les vitesses de rotation des deux danseurs engendrent ce qu’on appelle en mathématiques et en physique : un déphasage, ce qu’on pourrait expliquer comme étant un décalage temporel entre deux signaux périodiques.

Un déphasage (ou changement de phase) se produit parfois lorsqu’une onde est réfléchie. De telles réflexions se produisent pour de nombreux types d’ondes, notamment les ondes lumineuses, les ondes sonores et les ondes sur les cordes.

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